jeudi 5 novembre 2009

V pour vendetta: «Bonsoir Londres»

Pour ne jamais oublier que la tyrannie n'existe pas qu'à l'étranger.


«Bonsoir Londres.

Permettez-moi tout d'abord de vous présenter mes excuses pour cette interruption. J'aime, comme beaucoup d'entre vous le confort du train-train quotidien, le sentiment de sécurité et la tranquillité que procure ce qui est familier et répétitif. Je les apprécie, comme tout à chacun. Mais dans cet esprit de commémoration qui prévoit que les événements importants du passé, habituellement associés à la mort d'un individu, ou à la fin de quelque horrible bataille sanguinaire, soit célébré par de sympathiques congés, j'ai pensé que nous pourrions célébrer ce cinq novembre, jour hélas oublié, en consacrant un court instant de notre vie quotidienne à nous asseoir et bavarder un peu. Il existe bien sûr des personnes qui ne veulent pas que nous parlions. Je soupçonne qu'en ce moment même, des ordres sont aboyés dans des téléphones et que des hommes armés vont bientôt se mettre en route.

Pourquoi? Parce que, Même si l'on peut substituer la matraque à la conversation, les mots conserveront toujours leur pouvoir. Les mots sont le support de la compréhension et pour ceux qui les écouteront l'énonciation de la vérité. Et la vérité c'est que quelque chose va très mal dans ce pays, n'est ce pas ?

Cruauté et injustice. Intolérance et oppression. Et la où, auparavant, vous aviez la liberté de faire des objections, de parler comme bon vous semblait, vous avez maintenant des censeurs, des systèmes de surveillance vous contraignants à la conformité et sollicitant votre docilité. Comment est-ce arrivé ? Qui est à blâmer ? Bien sûr, il y a ceux qui sont plus responsables que les autres et qui devront en rendre compte mais...

Encore dans un souci de vérité, si vous cherchez le coupable, regardez simplement dans un miroir.

Je sais pourquoi vous lavez fait. Je sais que vous aviez peur. Qui pourrait se vanter du contraire ! Guerre, terreur, maladie. Une myriade de problèmes a contribué à perturber votre jugement et à vous priver de votre bon sens. La peur a pris ce qu'il y a de meilleur en vous. Et dans votre panique vous vous êtes tourné vers Adam Sutler, aujourd'hui chancelier. Il vous a promis de l'ordre, il vous a promis la paix. Tout ce qu'il a demandé en échange, c'est votre consentement silencieux et docile. La nuit dernière, j'ai cherché à mettre fin à ce silence ! La nuit dernière j'ai détruit le Old Bailey pour rendre la mémoire à ce pays.

Il y a plus de 400 ans un grand citoyen a voulu ancrer à jamais le cinq novembre dans nos mémoires. Il espérait rappeler au monde qu'impartialité, justice et liberté sont plus que des mots. Ce sont des principes. Alors si vous n'avez rien vu, si vous ignorez toujours les crimes de ce gouvernement, je vous suggère de ne pas commémorer le cinq novembre. Mais si vous voyez ce que je vois, si vous ressentez ce que je ressens, si vous désirez ce que je désire, alors rangez vous à mes côtés dans un an à compter d'aujourd'hui devant les grilles du parlement et ensemble nous leurs offrirons un cinq novembre gravé à jamais dans les mémoires !!! »

Mise en contexte:

L'histoire de V pour Vendetta est basé sur une BD de Alan Moore. On retrouve certains traits de Guy Fawkes dans le personne masqué de "V".

Guy Fawkes était un catholique anglais (1570-1606). Il a participé à une conspiration qui visait à assassiner le roi protestant Jacques Ier (Jacques VI d'Écosse) et les membres des deux Chambres du Parlement du Royaume-Uni, en faisant exploser le Palais de Westminster lors de la session d'ouverture du Parlement en 1605, lors de laquelle le roi devait s'adresser à une assemblée réunissant les membres de la Chambre des Lords et de Chambre des communes.

Guy Fawkes était en grande partie responsable de l'exécution du plan visant à faire exploser le Parlement, pour protester contre la politique du roi en matière de religion, jugée intolérante. Cependant, ses activités furent remarquées, avant la mise en œuvre du plan. Après un interrogatoire sévère, lors duquel il fut torturé, un procès eut lieu à Westminster Hall dirigé par John Popham, Fawkes et ses complices furent exécutés pour trahison et tentative de régicide.

L'échec de Guy Fawkes (ou la tentative pour certains) est célébré lors de la Guy Fawkes Night (aussi appelée Bonfire Night ou Fireworks Night) le 5 novembre. Cette fête de "délivrance du roi a été obligatoire en Angleterre jusqu'en 1859.

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